Collectif Riverains Usagers Rocade Est - CRURE

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Le NON de la CFE CGC

 

               

   La CFE-CGC refuse que la France brade ses infrastructures stratégiques, comme le transport ou l’énergie !

 

Après avoir indiqué envisager 5 à 10 milliards de cession de participations de l’État, le ministre de l’Économie vient d’annoncer la cession de 49,99 % détenus par l’État dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac.
La CFE-CGC ne considère pas cette cession comme une opération anodine, puisqu’il s’agit là d’une infrastructure, et s’inquiète de la stratégie réellement suivie par l’État actionnaire.
Cette inquiétude s’ajoute aux questions posées par l’entrée de plein pied d’un consortium sino-canadien dans les murs même de l’aéronautique européenne.

 

Quand certains dénoncent une privatisation larvée, la CFE-CGC considère que c’est le pacte d’actionnaires liant l’État et le consortium qui déterminera si celui-ci prend ou non le contrôle de l’aéroport de Toulouse.
Dans ce cas, la France aura bien livré une infrastructure à l’encan, ce à quoi la CFE-CGC s’oppose.

 

Les infrastructures constituent en effet, pour la CFE-CGC, un facteur majeur de l’attractivité de la France et donc de sa compétitivité, elles sont également au cœur de la souveraineté du pays.
Ceci vaut en priorité pour les infrastructures énergétiques ou de transport, surtout quand il s’agit de monopole de fait. En l’absence de réelle concurrence par le TGV, l’aéroport de Toulouse relève clairement de cette logique, il doit donc rester sous contrôle public.
La CFE-CGC rappelle que c’est là l’esprit de la Constitution qui garantit la maîtrise publique des infrastructures essentielles et qui permettra d’éviter les pertes de souveraineté que la Grèce avec le port du Pirée et le Portugal avec ses aéroports et ses infrastructures électriques ont connues.

 

La nouvelle Commission européenne, elle, ne s’est pas trompée sur l’enjeu. En annonçant sa volonté de déployer un plan de 300 milliards d’euros, elle fait clairement de la relance des investissements un objectif de relance macro-économique et souhaite mettre le paquet sur les infrastructures. France Stratégie vient de lui emboîter le pas en ciblant les infrastructures énergétiques et de transport pour cette stratégie européenne d’investissement.
Qui plus est, la relance des investissements dans les infrastructures s’avère indispensable au soutien de l’important tissu industriel français et européen que constituent les nombreux prestataires et fournisseurs des gestionnaires d’infrastructures.
La CFE-CGC est donc tout sauf convaincue que ce soit le moment pour la France de céder le contrôle de ses infrastructures stratégiques.

 

Dans son souci de relancer la croissance, le gouvernement a décidé de s’attaquer aux situations de rente. La CFE-CGC peut souscrire à ce volontarisme s’il s’agit de libérer les énergies pour stimuler les investissements productifs.
S’attaquer aux rentes oui, mais transférer les plus rentables d’entre elles comme le sont celles issues des monopoles de fait et des infrastructures, non !
Le fâcheux précédent de la privatisation des autoroutes guidée par le seul souci budgétaire de court-terme d’un État impécunieux est là pour nous le rappeler.

 

Si la CFE-CGC soutient la volonté de favoriser les investissements étrangers en France au nom de la croissance et de l’emploi, c’est à condition qu’il s’agisse de véritables investissements productifs, créateurs de valeur pour la collectivité et de réels emplois, durables et qualifiés.
Tel fut le cas de l’usine Toyota de Valenciennes il y a 13 ans, tel n’est pas le cas de la cession d’infrastructures. Qui plus est, la CFE-CGC reste excessivement prudente quant aux promesses faites par les investisseurs qui, comme chacun sait, n’engagent que ceux qui les croient.
Il n’y qu’à demander à ceux qui, dans le Berry, ont cru aux promesses d’emplois faites il y a sept ans par le groupe d’investisseurs chinois d’Euro Sity, plate-forme sino-européenne de Châteauroux.

 

Enfin, quelques jours après la conférence environnementale où le Premier ministre a confirmé son intention de doter le pays d’une véritable stratégie en matière de transports, la CFE-CGC se demande si la cession d’une infrastructure aéroportuaire d’importance est bien cohérente avec la stratégie annoncée par le Premier ministre et avec l’exemplarité environnementale affichée par le président de la République.
Quand on constate les difficultés à financer les infrastructures de transport avec la perte de ressources due à une privatisation des autoroutes peu opportune, on est en droit de se demander si la nouvelle cession d’une infrastructure de transport est bien judicieuse.

 

Pour toutes ces raisons, la CFE-CGC demande au gouvernement de sortir des postures convenues et de clarifier sa stratégie de cession de participations,
en la rendant plus transparente aux yeux des citoyens et en prenant mieux en compte les nombreux enjeux portés par les infrastructures… au lieu de les livrer à l’encan !

 

 

 

 

//www.cfecgc.org/actualite/economie-fiscalite/la-cfe-cgc-refuse-que-la-france-brade-ses-infrastructures-strategiques-comme-le-transport-ou-l-rsquo-energie/

 



28/06/2015
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